Introduction

Topic Progress:

Lorsqu’on nous parle d’éducation, ce qui nous en vient en tête ce sont les salles de classe, les enseignants, les élèves, les livres, les matières comme les mathématiques ou l’anglais, etc. Nous pouvons certainement visualiser une classe pleine d’élèves, avec un enseignant à l’avant de celle-ci, occupé à donner des instructions et à guider les élèves dans leur apprentissage. En raison de ce que nous pouvons observer autour de nous, du portrait de l’éducation que dressent les médias et de nos propres expériences, nous avons également des attentes à propos de l’enseignement et de l’apprentissage qui se font dans une salle de classe. Nous pensons à l’enseignement et à l’apprentissage des fractions, des multiplications, des formes géométriques et des graphiques. Nous nous attendons également à ce qu’en anglais les élèves apprennent la grammaire, les règles des majuscules, le code orthographique ainsi que la différence entre « their », « they’re » et « there ». Nous imaginons des volcans qui explosent dans les cours de sciences et la passation du test navette en cours d’éducation physique. Nous savons que les élèves doivent tout connaître des verbes irréguliers en français, qu’ils doivent apprendre à garder un rythme en musique et qu’ils doivent maîtriser l’art de créer des effets de profondeur en dessin. Toutes ces idées et ces visions sont justes et représentatives de ce qui se passe chaque jour entre les murs d’une école, mais elles ne représentent qu’une partie de la réalité.

En fait, pour que chacun des apprentissages nommés plus haut puisse prendre forme, il faut d’abord se pencher sur la notion de cognition. La cognition constitue le processus par lequel nous acquérons une connaissance et comprenons une information nouvelle. Sans le développement des aptitudes cognitives, l’apprentissage d’une notion devient alors une tâche ardue. En d’autres mots, les élèves doivent apprendre à apprendre. Pour que cet apprentissage se concrétise, les élèves, mais aussi les adultes, doivent se concentrer sur les fonctions exécutives. En termes simples, les fonctions exécutives sont les habitudes que nous mettons en place pour nous gérer et gérer nos ressources afin d’atteindre un objectif, l’objectif ultime étant l’acquisition de connaissances.

Voici une liste des principales fonctions exécutives :

L’initiation de tâches (ou amorce): L’initiation permet d’éviter la procrastination et nous pousse à entreprendre le travail à faire.

L’organisation : L’organisation implique la capacité à suivre l’évolution de tout, c’est-à-dire autant de l’information que contient notre cerveau et de notre matériel physique.

La flexibilité mentale : La flexibilité mentale est la capacité à passer d’une situation ou d’une tâche à une autre.

La planification : La planification englobe le développement de la mémoire de travail. Elle facilite la gestion et la préparation des tâches éventuelles.

L’autorégulation : L’autorégulation est la capacité d’une personne à évaluer son propre travail afin de déterminer s’il répond aux besoins et aux attentes. Elle pousse la personne à devenir plus autodidacte.

La rétention de l’information (mémoire de travail) : La rétention de l’information est la capacité d’une personne à accumuler de l’information par la mémoire de travail.

Pour les enseignants, un élève dont les fonctions exécutives sont très peu développées est facilement remarquable. Cet élève peut être l’enfant qui fait des crises, celui qui oublie des travaux ou des tâches à faire, celui qui ne met pas suffisamment d’efforts dans un projet, celui qui entre en conflit ou prend part à ce dernier ou cet enfant qui procrastine sans cesse et est distrait par le moindre changement dans sa routine. En d’autres mots, toute la gestion de classe, le travail d’arrière-scène et la résolution des difficultés auxquelles les enseignants font face chaque jour sont pour ces enseignants des façons d’amener les élèves à développer leurs fonctions exécutives. L’enseignement de ces fonctions se fait donc souvent de manière naturelle par le biais de la gestion de classe et de l’enseignement en tant que tel, mais ce n’est pas toujours suffisant. Les élèves doivent prendre conscience de leur capacité à gérer leurs apprentissages.

Cependant, il n’y a pas suffisamment d’heures dans une journée pour tout enseigner, et enseigner correctement. Les cursus sont surchargés à un point tel où il ne reste plus de temps pour développer et mettre en place ces fonctions exécutives. Les enseignants sont épuisés, dépassés et sous-évalués. Intégrer du nouveau contenu à enseigner en classe semble alors un exercice périlleux.

Mais ne vous en faites pas, chers enseignants ! Il y a encore de l’espoir. La beauté des fonctions exécutives est qu’elles n’ont pas besoin d’être explicitement enseignées. Comme mentionné plus haut, vous enseignez probablement déjà, sans vous en rendre compte, de manière à que vos élèves développent certaines de ces fonctions. Les élèves auront cependant parfois besoin d’être guidés et conseillés, mais vous verrez qu’en investissant votre énergie dans l’acquisition et le développement des fonctions exécutives, un climat d’apprentissage et propice au bon comportement s’installera dans votre classe. En somme, en contribuant au développement des fonctions exécutives de vos élèves, vous retirez une partie de la pression et de la responsabilité de sur vos épaules et vous responsabilisez l’élève face à son apprentissage. Plutôt que de travailler au bourrage de crâne de vos élèves, vous servirez maintenant à les guider et à les soutenir dans leur apprentissage.

Les sections suivantes traiteront de chacune des fonctions exécutives précédemment mentionnées et vous permettront de comprendre comment le fait de mettre l’accent sur chacune d’entre elles peut être bénéfique autant pour vous que pour vos élèves. Bonne lecture !